Pour une pelouse durable en France, les mélanges à base de fétuques (fétuque rouge traçante, demi-traçante ou gazonnante, fétuque élevée) sont les choix les plus polyvalents et résistants. Si vous vous demandez quel est le meilleur gazon anglais en pratique, c'est souvent le choix de mélanges orientés fétuques pour le côté durable et résistant mélanges à base de fétuques. Ils supportent mieux la sécheresse, l'ombre partielle et les maladies que les ray-grass seuls ou les pâturins en monoculture.
Variétés de gazon résistant : choisir et regarnir en France
INRAE (PHACC) mène des expérimentations plein champ sur plusieurs sites, notamment sur le stress hydrique, les maladies et le froid, afin de mieux comprendre les réponses des plantes à ces contraintes ils supportent mieux la sécheresse, l'ombre partielle et les maladies. Selon votre contrainte principale, piétinement intense, manque d'eau l'été, ombre ou froid, vous ajusterez la proportion de chaque espèce dans le mélange.
Voici comment choisir, semer et entretenir pour que ça tienne vraiment.
Ce que "gazon résistant" veut vraiment dire selon votre pelouse
Le mot "résistant" recouvre en réalité plusieurs réalités bien différentes. Avant même de regarder une étiquette de semences, il faut savoir contre quoi vous voulez que votre gazon tienne. Une pelouse où jouent des enfants tous les jours n'a pas les mêmes besoins qu'un carré ornemental sous des arbres, ou qu'une pelouse dans le Midi qui ne voit pas une goutte d'eau de juin à septembre.
- Résistance au piétinement: capacité à se régénérer rapidement après écrasement ou arrachage. Le ray-grass anglais et la fétuque élevée sont les champions ici. Un gazon fin ornemental sera abîmé en quelques semaines par des allers-retours fréquents.
- Résistance à la sécheresse: aptitude à rester vert ou à repartir rapidement après une période sèche. La fétuque élevée et les fétuques fines (traçantes) ont des racines profondes qui leur permettent d'aller chercher l'eau là où elle se trouve, contrairement au ray-grass qui stress dès que le sol se dessèche en surface.
- Résistance à l'ombre: capacité à maintenir sa densité sous un couvert végétal ou le long d'une haie. Les fétuques rouges (surtout gazonnante et demi-traçante) et le pâturin des prés tolèrent mieux les zones peu ensoleillées. Le ray-grass anglais, lui, s'étiolera et finira par disparaître à l'ombre.
- Résistance au froid: tolérance aux températures négatives et aux gelées répétées. La plupart des graminées françaises tiennent bien les hivers tempérés, mais certains ray-grass peuvent souffrir lors d'hivers rigoureux en altitude ou dans le Nord-Est.
- Résistance aux maladies: tolérance naturelle à la rouille, aux fusarioses, aux helminthosporioses. Les variétés récentes inscrites au Catalogue officiel ont souvent été testées sur ces critères, ce qui permet de choisir une variété moins sensible si vous avez un problème récurrent.
En pratique, on ne peut pas tout avoir dans le même mélange, il faut prioriser. Commencez par noter votre stress principal : est-ce que votre pelouse souffre surtout en juillet-août par manque d'eau ? Est-ce que les zones sous les arbres ne reprennent jamais ? Est-ce qu'elle s'abîme sous les jeux ou les passages ? La réponse à cette question orientera tout votre choix.
Bien choisir les variétés et les mélanges : les graminées à retenir et comment lire une étiquette

Les espèces à connaître
| Espèce | Points forts | Points faibles | Utilisation idéale |
|---|---|---|---|
| Fétuque élevée | Très résistante à la sécheresse, piétinement, maladies, racines profondes | Texture plus grossière, repousse lente après tonte rase | Pelouses polyvalentes, jardins familiaux, zones sèches |
| Fétuque rouge traçante | Colonise les zones abîmées, tolère l'ombre et la sécheresse modérée | Moins dense sous stress intense, peu adaptée au piétinement fort | Mélanges ombragés, pentes, zones difficiles |
| Fétuque rouge gazonnante / demi-traçante | Bonne densité, tolérance à l'ombre, texture fine | Moins agressive pour se réparer toute seule | Pelouses ornementales mi-ombre, mélanges équilibrés |
| Ray-grass anglais (RGA) | Germination rapide (7-10 jours), résistance au piétinement, belle couleur verte | Sensible à la sécheresse, à l'ombre et à certaines maladies (rouille sur variétés non testées) | Jardins familiaux bien arrosés, regarnissage rapide |
| Pâturin des prés | Bonne densité, se répare par stolons, résistance correcte au froid | Germination lente (3-4 semaines), sensible à la rouille si mal fertilisé | Mélanges polyvalents, zones de transition ombre/soleil |
Le SEMAE publie des "cartes gazon" qui détaillent les niveaux chiffrés de caractéristiques comme la densité ou la tolérance à l'ombre pour chaque espèce et famille de graminées. Le PDF 2022 des « cartes gazon » du SEMAE détaille pour des graminées comme les fétuques (traçante, demi-traçante, gazonnante) des niveaux échelonnés de caractéristiques, dont la densité et la tolérance à l’ombre, pour comparer les espèces entre elles niveaux chiffrés de caractéristiques comme la densité ou la tolérance à l'ombre. C'est un outil sérieux, mis à jour régulièrement, qui permet de comparer objectivement avant d'acheter. Les nouvelles variétés passent également par des tests officiels (GEVES) avant inscription au Catalogue officiel, ce qui garantit une évaluation indépendante sur les critères clés.
Mélanges ou monovariété : quoi choisir ?

Dans la grande majorité des jardins amateurs, un mélange vaut mieux qu'une monovariété. Un mélange combine les points forts de plusieurs espèces et compense les faiblesses de chacune. Si le ray-grass stresse en été, la fétuque prend le relais. Si les fétuques fines sont écrasées par des jeux, le RGA regarnit vite. Les mélanges vendus en jardinerie comportent généralement 3 à 5 espèces, et c'est une bonne chose.
En revanche, la monovariété (par exemple 100 % fétuque élevée) peut avoir du sens si vous avez une contrainte très spécifique et marquée, comme une pelouse très sèche dans le Sud sans irrigation, ou une zone très ombragée sous des conifères. Dans ce cas, concentrer le mélange sur une seule espèce très performante pour ce stress est souvent plus efficace.
Ce qu'il faut vraiment regarder sur l'étiquette
- La composition en pourcentage: vérifiez quelle espèce domine. Si la fétuque élevée est à 60-70 %, c'est un mélange résistance/sécheresse. Si le RGA dépasse 50 %, c'est plutôt un mélange sport/regarnissage rapide.
- Le nom des variétés: une étiquette sérieuse indique le nom de la variété (ex : "Fétuque élevée Cosmogynt"), pas seulement l'espèce. Les variétés récentes ont des notes de résistance aux maladies disponibles dans les bases du SEMAE/GEVES.
- Le taux de germination garanti: il doit être indiqué sur l'emballage (souvent 85 % ou plus pour une qualité correcte). En dessous, méfiance.
- La date de conditionnement: des graines de plus de 2 ans perdent en pouvoir germinatif. Achetez du stock récent, surtout pour un semis au printemps.
- Les mentions marketing: évitez les promesses vagues comme "gazon magique" ou "résiste à tout". Cherchez des étiquettes qui citent des noms variétaux précis et des conditions d'utilisation honnêtes.
Préparer le sol pour que la résistance dure dès le départ

Un gazon résistant commence sous terre. Des graines parfaites semées sur un sol compacté, mal drainé ou envahi de vivaces rampantes donneront un résultat décevant. Prendre 2 à 3 jours pour préparer le sol correctement économise des mois d'acharnement ensuite.
Travailler le sol en profondeur
Bêchez ou motocultivez sur 15 à 20 cm pour décompacter. C'est indispensable si le sol est argileux ou si l'ancien gazon était très compact. La fétuque élevée notamment, qui doit son excellente résistance à la sécheresse à ses racines profondes (parfois 60 à 80 cm), ne développera jamais ce potentiel dans un sol bétonné en surface.
Corriger le drainage si nécessaire

Un sol qui garde l'eau en hiver favorise les maladies fongiques, la mousse et l'asphyxie des racines. Si vous avez une zone qui reste gorgée d'eau plus de 48h après une pluie normale, il faut soit améliorer le drainage par l'apport de sable grossier (mélangé à la terre sur 15 cm), soit prévoir un drainage enterré dans les cas extrêmes. Sur un sol argileux lourd, un apport de 20 à 30 % de sable grossier à la préparation change radicalement la situation.
Désherber avant de semer
Les adventices vivaces (chiendent, liseron, rumex) doivent être éliminées avant le semis, car elles reviendront toujours plus vite que le gazon. La méthode la plus simple et naturelle : faux-semis. Travaillez le sol, attendez 3 à 4 semaines que les graines d'adventices germent, puis grattez superficiellement (2 cm maximum) pour les détruire sans remonter de nouvelles graines. Répétez une fois si nécessaire. C'est long mais ça évite de se retrouver avec une pelouse à moitié chiendent 6 mois après.
Niveler et tasser légèrement

Un sol irrégulier donnera une tonte inégale et des zones sèches ou humides. Ratissez soigneusement pour obtenir une surface plane, roulez légèrement (ou tassez à pied), puis ratissez à nouveau pour garder une couche meuble en surface (2 à 3 cm). C'est dans cette couche que les graines germeront.
Semer ou regarnir : le bon calendrier, la bonne dose, les bonnes techniques
Quand semer ?
En France, les deux fenêtres idéales sont le début de l'automne (mi-août à mi-octobre) et le printemps (mars à mai). L'automne est généralement préféré par les professionnels : le sol est encore chaud (bonne germination), l'arrosage naturel prend le relais, et le gazon a tout l'hiver pour s'enraciner avant l'été suivant. Le printemps fonctionne bien aussi, mais le gazon sera exposé à un premier été potentiellement stressant avant d'être vraiment établi, surtout dans le Centre et le Sud.
Quelle densité ?
Pour un semis neuf, comptez entre 30 et 40 g/m² selon l'espèce (les mélanges de fétuques sont souvent autour de 30-35 g/m², le ray-grass peut monter à 35-40 g/m²). Pour un sursemis (regarnissage d'une pelouse existante), divisez par deux : 15 à 20 g/m² suffisent, car les espaces à combler sont partiels. Ne sur-semez pas : des graines trop denses s'étouffent mutuellement à la levée.
Comment semer correctement ?
- Croisez les passages: semez la moitié de la dose dans un sens, l'autre moitié perpendiculairement. Ça évite les bandes visibles et assure une répartition homogène.
- Griffez légèrement après le semis (râteau souple) pour enfouir les graines à 1-2 cm. Ne les enterrez pas plus profond : elles ont besoin de lumière et de chaleur proche de la surface.
- Tassez avec un rouleau léger ou le dos du râteau pour un bon contact graine/sol. C'est une étape souvent sautée et pourtant essentielle pour la germination.
- Arrosez en pluie fine immédiatement après. L'objectif est de mouiller les 5-8 premiers centimètres sans créer de ruissellement qui déplacerait les graines.
- Maintenez le sol humide jusqu'à la levée complète: arrosez 1 à 2 fois par jour si temps sec, en évitant les heures chaudes de la journée. Ne laissez jamais la surface sécher pendant les 3 premières semaines.
La première tonte intervient quand le gazon atteint 8 à 10 cm, en remontant la lame à 6-7 cm. Ne tondez jamais plus d'un tiers de la hauteur en une fois, surtout sur un gazon jeune.
L'entretien naturel qui renforce la résistance dans la durée
Une fois le gazon établi, c'est l'entretien qui va vraiment déterminer s'il reste résistant ou s'il se fragilise progressivement. Un gazon mal tondu, sur-fertilisé ou jamais aéré devient sensible aux maladies, à la sécheresse et aux invasions de mousse, même s'il était fait de variétés solides au départ.
La tonte : la règle du tiers
Ne jamais couper plus d'un tiers de la hauteur en une seule tonte. En pratique, si vous souhaitez une hauteur de coupe de 4 cm, tondez dès que le gazon atteint 6 cm. Tondre trop court stress les plantes, épuise les réserves des racines et ouvre la porte aux maladies et à la mousse. En été chaud et sec, remontez la hauteur de coupe à 5-6 cm : les feuilles plus longues ombrent le sol, limitent l'évaporation et protègent les racines.
La fertilisation raisonnée
Un gazon peu ou pas fertilisé devient sensible à des maladies comme la rouille, qui se développe précisément sur des pelouses carencées, notamment les pâturins et certains ray-grass selon les données des bulletins de surveillance agronomique. À l'inverse, une sur-fertilisation azotée favorise une pousse rapide mais molle, plus sensible aux champignons et moins résistante au piétinement. Deux apports par an suffisent pour un gazon ordinaire : un apport équilibré au printemps (vers mars-avril) et un apport plus riche en potasse à l'automne pour renforcer l'enracinement avant l'hiver. Privilégiez les engrais à libération lente, ils sont plus réguliers et moins agressifs pour les micro-organismes du sol.
L'aération et la gestion du feutrage
Le feutre (ou chaume) est cette couche de tiges et racines mortes qui s'accumule à la base du gazon. Jusqu'à 1 cm, il est utile (il garde l'humidité, protège du froid). Au-delà, il étouffe le gazon, empêche l'eau et les nutriments de pénétrer et crée un milieu idéal pour les champignons et la mousse. Un déchaumage (scarification) une fois par an, idéalement en automne ou au début du printemps, puis un rouleau aérateur ou des fourches à aérer pour décompacter : voilà l'essentiel. Si votre pelouse est piétinée ou sur sol argileux, aérez deux fois par an.
La gestion de la mousse
La mousse n'est presque jamais le vrai problème, elle est le symptôme. Elle s'installe là où le gazon est affaibli : sol acide et compact, ombre trop dense, drainage insuffisant, tonte trop rase, sous-fertilisation. La traiter chimiquement sans corriger la cause, c'est la voir revenir l'année suivante. Si vous avez de la mousse, posez-vous ces questions : est-ce que le pH est trop bas (en dessous de 6) ? Est-ce que le sol est compacté ? Est-ce que vous tondez trop court ? Corrigez ces points en même temps que vous éliminez la mousse, et elle ne reviendra pas.
Réparer après un stress : trous, zones jaunes et regarnissage
Même un bon gazon peut souffrir après un été caniculaire, un hiver rigoureux ou une maladie passagère. La bonne nouvelle, c'est qu'un gazon résistant bien choisi reprend plus vite qu'un autre. Voici comment l'aider.
Diagnostiquer avant d'agir
Avant de ressemer en urgence, identifiez la cause. Une zone jaune qui reprend doucement avec l'arrosage : c'est du stress hydrique, le gazon n'est pas mort. Des zones circulaires brun-rouille : c'est souvent de la rouille (maladie fongique favorisée par la sécheresse et le manque d'azote). Des taches marron avec un contour foncé : fusariose, souvent après un automne humide. Des zones brunes qui s'étendent sur des circuits réguliers : piétinement. Chaque cause a sa solution, et ressemer par-dessus un champignon actif ou un sol compacté ne sert à rien sans traiter d'abord la cause.
Réparer par sursemis

- Grattez la zone abîmée avec un râteau pour ôter les brins morts et décompacter légèrement la surface.
- Si la cause était une maladie, laissez la zone sécher 1 à 2 semaines avant de ressemer.
- Apportez une fine couche de terreau (1 cm maximum) ou de sable fin si le sol est compact.
- Semez le même mélange que la pelouse existante, ou une variété résistante au problème qui a causé les dégâts, à 15-20 g/m².
- Tassez et arrosez en pluie fine. Maintenez humide jusqu'à la levée complète (7 à 21 jours selon les espèces).
- Protégez la zone avec un filet anti-oiseaux ou un voile de forçage pendant la germination.
Le sursemis fonctionne bien à condition d'être fait au bon moment : idéalement fin août/septembre pour une reprise avant l'hiver, ou avril/mai au printemps. En plein été sur sol chaud et sec, c'est souvent peine perdue sauf à arroser plusieurs fois par jour.
Quand le gazon s'éclaircit progressivement
Un gazon qui s'éclaircit d'année en année sans raison apparente a souvent un problème de sol (compaction croissante, accumulation de feutre, pH dérivant vers l'acidité) ou un problème variétal (les espèces initiales ne correspondaient pas au contexte). Avant de tout refaire, tentez une aération profonde, un apport de sable et de compost, un chaulage si le pH est en dessous de 6, et un sursemis automnal avec des variétés mieux adaptées. Vous serez souvent surpris du résultat au printemps suivant.
Les erreurs à éviter et quand il faut vraiment changer de stratégie
Les erreurs les plus fréquentes
- Choisir un mélange "universel" sans tenir compte du contexte: un mélange dit universel est souvent dominé par du ray-grass anglais, qui souffre à l'ombre et en été sec. Si votre jardin est mi-ombragé ou en zone sèche, vous aurez déçu avant même l'été.
- Semer trop tôt au printemps: des semis en février-mars sur sol encore froid (<8°C) donnent une germination catastrophique et des graines qui pourrissent. Attendez que le sol se réchauffe.
- Arroser trop peu au démarrage, puis trop à l'établissement: les erreurs d'arrosage dans les 3 premières semaines sont la première cause d'échec au semis. Ensuite, des arrosages peu fréquents mais profonds (2 fois par semaine, 20-30 min) valent mieux que des petits arrosages quotidiens qui ne descendent pas dans le sol.
- Tondre trop tôt et trop court: beaucoup tondent le nouveau gazon à 4 cm dès qu'il fait 6 cm. Il faut attendre 8-10 cm et rester à 6-7 cm les premières fois.
- Ressemer sans corriger la cause de la dégradation: si la zone a souffert d'un champignon, d'une compaction ou d'un ombrage trop dense, ressemer sans s'attaquer à la cause mènera au même résultat dans 6 mois.
- Se fier aux promesses marketing de variétés « miracle »: toute variété sérieuse a un nom inscrit dans les catalogues officiels et des notes publiées. Une variété sans nom précis sur l'étiquette n'a probablement pas été évaluée rigoureusement.
Quand il faut vraiment tout refaire
Il y a des cas où le sursemis et l'entretien ne suffisent plus. Si votre pelouse est envahie à plus de 50 % par des adventices vivaces (chiendent, mouron, trèfle agressif), si le sol est tellement compacté ou détruit que l'eau ne s'infiltre plus du tout, ou si la composition de l'ancienne pelouse est fondamentalement inadaptée à votre terrain (par exemple du ray-grass dans une zone très ombragée), alors une remise à plat complète est plus efficace que des années de rafistolage. Dans ce cas, préparez bien votre sol comme décrit plus haut, faites votre faux-semis, et choisissez cette fois un mélange vraiment adapté à votre contrainte principale. Un refaire bien fait une seule fois vaut mieux que dix sursemis qui ne tiennent pas.
Marche à suivre selon votre situation
| Situation | Priorité | Action recommandée |
|---|---|---|
| Pelouse à refaire entièrement | Préparation du sol | Faux-semis + travail du sol + choix mélange adapté + semis automnal |
| Pelouse qui s'affaiblit progressivement | Diagnostic | Vérifier pH, aération, feutrage, fertilisation avant de ressemer |
| Pelouse clairsemée avec zones nues | Sursemis | Scarifier + sursemis automnal avec variétés adaptées au contexte |
| Pelouse envahie de mauvaises herbes | Désherbage + sursemis | Éliminer les adventices vivaces, corriger le sol, puis sursemis dense |
| Pelouse qui brûle chaque été | Choix variétal | Passer à un mélange dominé par la fétuque élevée, adapter l'arrosage |
Si vous cherchez à approfondir un aspect particulier, la question du gazon face à la sécheresse mérite une attention spéciale, notamment pour les régions du Centre et du Sud de la France où les étés deviennent de plus en plus longs et secs. Les fétuques, notamment la fétuque élevée, sont au cœur des mélanges les plus robustes face à ce type de stress, un sujet que nous développons aussi spécifiquement pour les contextes les plus exposés.
FAQ
Peut-on semer ou regarnir une pelouse à l’ombre dense, sous arbres, avec les mêmes variétés de gazon résistant ?
Oui, mais seulement si la contrainte principale est bien visée. Dans une zone très ombragée, privilégiez un mélange dominé par des fétuques fines ou demi-traçantes, et évitez de miser sur des espèces surtout performantes en plein soleil. Pensez aussi à réduire la fréquence de tonte (hauteur plus haute) car l’ombre limite l’évaporation et allonge la période de rosée, ce qui favorise les maladies.
Que se passe-t-il si je sème trop dense pour avoir un gazon plus résistant ?
Non, pas au sens “trop de graines, donc plus de résistance”. Si vous surdosez, les jeunes plants s’étouffent, la concurrence pour la lumière et les nutriments augmente, et vous créez une pelouse plus sensible aux maladies et au feutrage. Pour un regarnissage, partez sur une quantité plus faible que pour un semis neuf (typiquement moitié), puis ajustez selon la surface réellement à combler.
Comment décider entre sursemis (regarnissage) et remise à plat ?
Le choix entre sursemis et remise à plat dépend de la cause. Si la pelouse s’éclaircit sans que le sol soit “bouché”, le sursemis après aération et préparation locale marche souvent. En revanche, si le sol ne s’infiltre plus, si l’eau stagne, ou si les adventices vivaces dominent, le sursemis ne règle pas le problème, et une remise à plat devient plus rentable sur le long terme.
Combien de temps faut-il maintenir l’arrosage après un semis de variétés de gazon résistant ?
En France, le meilleur repère n’est pas “le mois”, c’est le couple température du sol et humidité. Après un semis, visez une levée avec un sol humide en surface, puis réduisez progressivement. Si vous laissez le sol sécher trop tôt, la fétuque peut survivre mais le taux de recouvrement chute, et vous aurez des zones à ressemer au printemps suivant.
Les variétés de gazon résistant ont-elles besoin d’engrais, ou puis-je m’en passer ?
Oui, mais avec une logique “priorité à la fonction”. Un engrais trop riche en azote pousse vite, mais des brins plus souples et une densité superficielle peuvent augmenter le feutrage et la sensibilité au piétinement. Pour une pelouse durable, privilégiez un apport équilibré au printemps, puis un apport plus orienté potasse à l’automne (toujours en respectant les doses indiquées), et évitez les apports répétés quand il fait très chaud.
Faut-il traiter la mousse ou commencer par vérifier le pH et le sol ?
Le pH conditionne beaucoup plus que “la mousse” elle-même. Si votre mousse s’installe surtout en zone humide et ombragée, contrôlez le pH avant de scarifier ou de traiter, et corrigez si nécessaire (par exemple si le pH est trop bas). Sans correction du terrain, vous risquez de voir la mousse revenir même après un nettoyage mécanique.
Je vois du feutre, est-ce que je dois scarifier tout de suite ?
La scarification aide surtout quand il y a un feutrage épais et bloquant. Si le feutre ne dépasse pas environ 1 cm, il joue un rôle protecteur. Avant de scarifier, observez l’épaisseur du chaume et l’état du sol, car scarifier trop fort peut créer des “trous” que vous devrez compenser ensuite par un sursemis.
Quelles précautions prendre pour que les variétés de gazon résistant tiennent malgré un fort piétinement ?
Si vous avez un passage intense, le gazon se dégrade d’abord par densité insuffisante et racines moins profondes. En pratique, remontez légèrement la hauteur de coupe en été (pour protéger les racines), évitez de tondre trop court, et faites des aérations ciblées (au moins une fois par saison si le sol est compact). Les variétés à base de fétuques sont en général mieux armées, mais l’entretien doit suivre.
Comment distinguer un problème de maladie d’un problème de stress hydrique avant de ressemer ?
Les “maladies” se confondent parfois avec le stress. Par exemple, des zones jaunes qui reviennent doucement à l’arrosage évoquent plutôt un manque d’eau, tandis que des taches avec contours typiques peuvent correspondre à une maladie fongique favorisée par l’humidité et la carence. Le bon réflexe est de corréler l’apparition avec météo (sécheresse, automne humide), fertilisation, et hauteur de tonte, avant de décider de ressemer.
Puis-je rouler ou tasser mon sol après le semis pour améliorer la reprise ?
Oui, mais uniquement sur une base déjà saine. Sur un gazon très abîmé ou à sol compact, le rouleau ou le tassement peut aggraver l’infiltration et favoriser la stagnation d’eau. Pour un regarnissage réussi, le tassement léger sert plutôt à assurer le contact sol-graines, puis vous gérez la reprise en humidifiant régulièrement sans détremper.

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